Art martial très discret en Europe surtout en comparaison avec les deux autres arts martiaux thaïs que sont le Muaythaï et le Muay-Boran, le Krabi-Krabong n’en est pas moins un art martial fascinant. Se développant peu à peu en Occident, cet art martial particulièrement complet est resté très proche de ses racines guerrières permettant de faire face à un ou plusieurs adversaires que l’on soit armé ou non.

D’un point de vue extérieur le Krabi-Krabong se distingue par son aspect très rapide, puissant et agile. Lors des combats les échanges se font à un rythme particulièrement soutenu et les frappes des armes se font à toutes hauteurs et de tous côtés. Tout ceci donne à la discipline un aspect très esthétique et acrobatique qui peut sembler trancher avec sa volonté d’efficacité. De manière générale la discipline préfère les frappes circulaires aux frappes linéaires.

Stratégiquement le Krabi-Krabong est une discipline très offensive où l’agressivité est un point important. On a l’impression d’assister à une attaque constante du pratiquant qui doit prendre les devants dans toutes situations que ce soit en poursuivant un adversaire ou même en essayant de fuir.  Autre point important de la discipline les armes sont presque toujours en mouvement dans le but de confondre et de tromper l’adversaire. Cependant l’un des aspects les plus particuliers de la discipline est qu’il encourage l’utilisation de techniques de combat à mains nues et plus particulièrement de coups de pieds lors du combat avec armes.

Pour ce qui est de son panel technique de combat à main nue, même s’il est moins prépondérant que les techniques d’armes, le Krabi-Krabong offre un vaste panel de techniques issues du Muay-Boran. On y retrouve donc des frappes avec les différentes armes du corps, principalement pieds, poings coudes et genoux ; mais aussi des blocages, saisies, immobilisations, clefs articulaires et projections. Fait intéressant bien que le Krabi-Krabong soit une discipline assez complète, il semble qu’il n’y ait pas de techniques de lutte au sol.

Le Krabi-Krabong ne se limite cependant pas à une discipline de combat et il donne une certaine importance aux valeurs morales comme le respect de son professeur, de ses ainés et de l’autre. Ceci se retrouve notamment lors du Wai-Kru, une cérémonie durant laquelle le pratiquant rend hommage à son professeur mais aussi à tous les pratiquants qui l’ont précédé, à sa famille et au roi. Le respect se retrouve aussi par l’obligation pour un pratiquant de demander pardon à son adversaire à la fin d’un combat libre si ce dernier a blessé son adversaire par inadvertance.